mercredi 7 octobre 2026

   

Solidarité Femmes, les salariées de Nantes en grève

mercredi 30 septembre 2026

Nous sommes salariées du site de Nantes de Solidarité Femmes Loire-Atlantique.

Nous accompagnons les femmes et les enfants victimes de violences conjugales ou familiales.

Depuis le 28/09/2026 nous sommes en grève pour dénoncer la dégradation de nos conditions de travail. Cette dégradation nous amène à des risques psycho-sociaux importants et à des inquiétudes concernant la continuité de l’activité de Solidarité Femmes Loire-Atlantique.

Cette dégradation se traduit par une communication devenue impossible avec notre direction et notre Conseil d’Administration, un flou organisationnel, une fragilisation de notre éthique de travail, et enfin une souffrance de l’équipe qui nous amène à ce point de non-retour.

En effet, depuis plus d’un an et demi, nous interpellons notre direction sur son mode de communication inapproprié, véhément, réprobateur, humiliant, hostile voire agressif, que ce soit en collectif ou en individuel.

De plus, nous constatons au quotidien des injonctions paradoxales et une instabilité décisionnelle orchestrés par la direction. Cela rétrécit notre champ d’action, notre autonomie dans nos pratiques et nous plonge dans un flou constant. Notre périmètre d’intervention est sans cesse questionné. Nous sommes empêchées dans notre travail.

Depuis plus d’un an, la gestion des Ressources Humaines et de l’activité nous questionne.

Nous voyons notamment :

– des départs de collègues en CDI, remplacées par des CDD, qualifiés de renfort d’ activité ;

– deux démissions directement liées aux conditions de travail ;

– des arrêts longs non remplacés ;

– des activités laissées à l’abandon, démantelées, sacrifiées : actions départementales sur le territoire auprès des collectivités, accompagnement des enfants et à la parentalité, partenariat.

Aujourd’hui dans ce contexte, nous perdons le sens et l’éthique qui caractérisent pourtant l’ADN de Solidarité Femmes Loire-Atlantique et de notre engagement au quotidien dans cette association.

Depuis plus d’un an, la situation n’a cessé de se dégrader et la souffrance de l’équipe d’augmenter. En effet, les membres de l’équipe font part de : troubles du sommeil, crises d’angoisse, crises de larmes sur le lieu de travail, anticipations négatives, stress chronique (à la reprise après des vacances ou un arrêt, avant une réunion,...), troubles de la concentration, sidération, hébétement, sentiment de vide, épuisement, mise en place de stratégies d’évitement, peur.

La dissonance dans laquelle nous nous trouvons est assourdissante. Oeuvrer à la protection des victimes, lutter contre les violences conjugales et être nous-mêmes malmenées est complètement paradoxal.

Nous comptons 5 accidents du travail entre avril et fin décembre 2025 liés au contexte de travail délétère : tous ont été contestés par la direction. 4 ont bien été reconnus d’origine professionnelle par la CPAM.

Face à ce tableau très inquiétant, pour nous comme pour le public et l’association, nous avons fait différentes alertes : auprès de notre Comité Social et Économique, auprès de notre Conseil d’Administration, à la médecine du travail, ainsi qu’à l’inspection du travail. Les alertes par le biais du CSE sont restées vaines. Notre courrier au Conseil d’ Administration a obtenu pour toute réponse une fin de non-recevoir. Mi novembre 2025, nous avons fait un signalement à l’inspection du travail, qui s’est mise en lien avec notre employeur. Un audit sur les risques psychosociaux a été réalisé, au printemps 2026. Seule la direction en a eu les conclusions, fin juin 2026. Aujourd’hui, nous n’avons aucune nouvelle de cet audit, et nous n’avons repéré aucun changement du côté de la direction.

Aujourd’hui, nous sommes démunies, nous n’avons pas de soutien interne, nous voyons la souffrance grandir parmi nous et sommes très inquiètes pour notre santé, nos conditions d’accueil du public et l’avenir de l’association. Devant l’ampleur de la situation et les risques inhérents, nous jugeons urgent de visibiliser notre lutte.

Nous revendiquons :

– L’accès sans délai au diagnostic sur les risques psycho-sociaux, réalisé au printemps 2026.

– La mise en place de pratiques managériales respectueuses et transparentes, permettant de mettre fin aux situations d’intimidation, de pression et de contrôle.

– L’arrêt des fins de contrats punitives et du chantage à l’emploi.

– Une clarification de l’organisation, des responsabilités et des périmètres d’intervention.

– La reconstruction pérenne d’un pôle d’accompagnement des enfants et à la parentalité (embauches, formations, temps dédié) et de l’action départementale.

– Des embauches immédiates sur les deux postes en CDI vacants depuis plus d’un an.

Contact Presse :

07 43 05 86 63

collectifsolidaritefemmesnantesengreve@hotmail.com

Caisse de soutien : https://www.onparticipe.fr/c/1Fucj8sa














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